IMAGES D'UN RENOUVELLEMENT URBAIN

Artistes accueillis en résidence à Cherbourg-Octeville
Antoine d'Agata, Gabriele Basilico, Yves Bélorgey, Christophe Bourguedieu, Lynne Cohen, Jordi Colomer, John Davies, Patrick Faigenbaum, Charles Fréger, Éric Larrayadieu, Rut Blees Luxemburg, Mathieu Pernot, Gilles Saussier.

Du 22 novembre 2008 au 22 février 2009

L'exposition réunit les œuvres de treize artistes accueillis en résidence entre 2001 et 2008. La plupart ont été réalisées, depuis 2003, dans le cadre d'une commande publique, associant le ministère de la Culture et la ville de Cherbourg-Octeville, dont Le Point du Jour a assuré le déroulement. Ces œuvres sont liées à l'Opération de renouvellement urbain (ORU) actuellement en cours dans la ville. L'exposition présente en outre des travaux parallèles à la commande stricto sensu, ou qui lui sont antérieurs, mais concernent des lieux ou des problématiques proches. Aucune des ces résidences n'avait pour sujet Cherbourg-Octeville en général, mais toujours des lieux significatifs de son passé, de son actualité ou de sa prochaine transformation.




CRISTINA'S HISTORY

Mikael Levin

Du 21 mars au 7 juin 2009

Cristina's History évoque l'histoire d'une partie de la famille de Mikael Levin, sur quatre générations, dont Cristina est la descendante. Elle se déroule, du milieu du xIxe siècle à nos jours,de la Pologne à la Guinée-Bissau, en passant par Lisbonne.
Né en 1954 à New York où il réside aujourd'hui, Mikael Levin a vécu en Israël et en France. Son travail a notamment été présenté en 2003 à la Biennale de Venise et à la Bibliothèque nationale de France.




COVER

Lynne Cohen

Du samedi 4 juillet au dimanche 20 septembre 2009

Lynne Cohen photographie, depuis une trentaine d'années, des espaces intérieurs sans personnages : spas, piscines, salles d'attente, de cours ou d'entraînement. Leur décoration, souvent très kitsch, peut être comique même si elle contribue à en renforcer l'aspect intriguant, voire inquiétant. Les cadrages rigoureux, à même distance, la lumière qui met en relief des matières et des couleurs quasi-irréelles confèrent à ces images-documents une dimension sculpturale, proche de l'installation.
Le travail de Lynne Cohen, formée à la sculpture et aux arts graphiques dans les années 1960, marqué par la notion de ready-made tout en étant extrêmement composé, peut évoquer l'art conceptuel et minimaliste autant que le style photographique documentaire, de Walker Evans aux Becher.




HENRI SALESSE

Enquêtes photographiques sur l'habitat 1951-1953

Du 17 octobre 2009 au 14 février 2010

Photographe salarié au ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme,  Henri Salesse (1914-2006) réalise, au début des années 1950, quatre enquêtes sur l'habitat, notamment  à Rouen et Petit-Quevilly en Normandie. Elles montrent les habitants, les intérieurs et les rues de quartiers populaires, souvent insalubres. Ces ensembles remarquables, tant sur le plan historique que photographique, sont présentés avec une série d'Henri Salesse à Cherbourg en 1959 et des œuvres de photographes français de la même époque, parmi lesquels Robert Doisneau.




LE TABLEAU DE CHASSE

Gilles Saussier

Du 6 mars au 6 juin 2010

En 1989, Gilles Saussier avait couvert pour l'agence Gamma, la révolution en Roumanie. Depuis 2003, il y est revenu régulièrement pour pratiquer une relecture de ses photographies d'actualité, et mettre en relation les événements de 1989 avec le passé plus lointain et la situation actuelle du pays. Vigoureuse critique du photoreportage, Le Tableau de chasse est aussi une méditation sur l'art et la mort, l'histoire racontée par les pouvoirs et la mémoire des sans-voix.
Gilles Saussier, né en 1965, développe des projets qui entrecroisent photographie documentaire, art conceptuel et anthropologie visuelle. Son travail a récemment été présenté au MACBA de Barcelone. Il a déjà publié au Point du Jour en 2005 Studio Shakhari bazar.




UNE ROUTE, UN CHEMIN, Sur la côte ouest de la Manche

Maxence Rifflet


Du samedi 26 juin au dimanche 26 septembre 2010.

A l'invitation du Point du Jour, Maxence Rifflet a travaillé depuis 2007 le long de la route dite "touristique" qui relie Cherbourg et Coutances par la côte. 
Depuis sa voiture, le voyageur contemple des sites naturels et découvre les activités qui façonnent le paysage : légumes de sable, élevages de pré-salé, ostréiculture. Mais cette route est aussi une rupture dans le territoire : elle traverse des sites protégés et institue une séparation entre le bocage et le littoral. La route figure ainsi les tensions entre le spectacle de la nature et une inquiétude écologique. 
Pour le photographe, l'attitude contemplative ne s'oppose pas à son propos documentaire, elle le renforce. Cette vue de dune est un jeu de vibration de la lumière mais l'image renseigne sur l'actualité de l'érosion des côtes. Quant au portrait de cet ostréiculteur au travail, il associe la description d'un geste à la puissance suggestive d'un flux s'échappant d'un mystérieux contenant. 
En empruntant la route, Maxence Rifflet a trouvé un chemin. Son parcours sur la côte ouest de la Manche fait appel à des qualités de funambule. Nous avançons avec lui en équilibre sur un fil, entre une mer et un département, par les champs et par les grèves, tandis qu'un espace mental, imaginaire prend forme.




UN LYRISME URBAIN

Helen Levitt

Du samedi 23 octobre 2010 au dimanche 30 janvier 2011


Durant plus près de cinquante ans, essentiellement à New York, Helen Levitt a photographié la vie ordinaire des quartiers populaires. Sans visée idéologique ni composition apparente, elle enregistre ce qui a lieu dans la rue : la séparation et la relation entre les êtres, l'évidence et l'obscurité des émotions. A travers les jeux d'enfants, notamment, ce monde matériel tissé d'imaginaire devient une image de l'existence humaine.

L'exposition, outre ses images célèbres des années 1930-40, présente deux ensembles moins connus : Mexico en 1941 et New York, cette fois en couleur, entre 1959 et 1993.

Le livre qui l'accompagne est la première monographie en français consacrée à cette photographe majeure du XXe siècle.





UNE VIE AVENTUREUSE

Joachim Mogarra


Du dimanche 13 février au dimanche 29 mai 2011


Joachim Mogarra réinvente le monde à domicile en photographiant des petits objets, des matériaux divers qu'il accompagne de courts textes écrits à la main. Chaque pièce unique ainsi fabriquée s'inscrit dans un ensemble thématique ou un récit inspiré par la vie et les lectures de l'artiste.
L'écart visible entre l'image et ce qu'elle est censée représenter, les différences d'échelle (du minuscule au gigantesque) et le mélange des registres (du plus trivial au plus élevé) provoquent immédiatement le rire ; mais ce sont aussi nos manières de voir et de penser que ces clichés mettent avec légèreté en question.
Au-delà du minimalisme drolatique qui est sa marque de fabrique, l'œuvre de Mogarra est riche de contradictions. Sans s'imposer de thèmes ni constituer une rétrospective, l'exposition explore cette « vie aventureuse » à travers des séries, pour certaines inédites, réalisées ces cinq dernières années.




OBJETS DE MON AFFECTION

La collection Sandra Alvarez de Toledo


Du dimanche 26 juin au dimanche 9 octobre 2011


Sandra Alvarez de Toledo a réuni au cours de ces vingt dernières années des œuvres photographiques et graphiques, dessins pour l'essentiel, qui forme aujourd'hui un ensemble remarquable, tant par sa qualité que par son étendue.

Parmi la cinquantaine d'artistes présentés, on trouve les Becher, John Coplans, Marcel Duchamp, Walker Evans, Raoul Haussmann ou encore Jeff Wall.

Si l'exposition fait une place importante à des photographes français apparus dans les années 1980-90, elle n'est pas centrée sur une période, un thème ou un courant. Sa cohérence procède avant tout de la personnalité de celle qui a réuni ces œuvres. À l'image des livres des éditions L'Arachnéen, fondés par Sandra Alvarez de Toledo, chacune possède sa singularité, mentale et plastique, mais trace avec d'autres un espace commun.




NOIR ET BLANC, 1973-2008

Patrick Faigenbaum


Du 23 octobre 2011 au 22 janvier 2012



Pendant plus de vingt ans, Patrick Faigenbaum a photographié exclusivement en noir et blanc avant de travailler également en couleur à partir de 1996. Historiquement, le noir et blanc fait le lien entre la photographie (dont il fut longtemps la forme artistique) et la peinture (via la tradition du clair-obscur). Dans le travail de Faigenbaum, cette relation est essentielle. À l'écart des modes, il a construit une œuvre très personnelle qui évite l'alternative photographie / arts plastiques : intensément photographique, par son rapport à l'enregistrement et à la révélation qu'induit le tirage, elle s'inscrit en effet simultanément dans l'histoire de l'art, par son attention à la sculpture et aux genres picturaux. Le portrait, en particulier, constitue le point de jonction entre ces deux dimensions. L'exposition réunit une cinquantaine de tirages, depuis les premières images jusqu'à des travaux récents, en passant par les célèbres portraits de l'aristocratie italienne dans les années 1980-90.



Rut Blees Luxemburg,

The Last Dwelling and Monument




 


Mikael Levin,

Bissau



Lynne Cohen,

sans titre


Henri Salesse,

Rouen, rue de l'Amitié, septembre 1951


Gilles Saussier

Le Tableau de chasse, 2003-2010 

Tir # 1


Maxence Rifflet

Chemin des douaniers, Landemer, mai 2007


Helen Levitt

New York, vers 1940 © Estate of Helen Levitt



Joachim Mogarra
Le voyage d'Ulysse (Ulysse s'échappe
du pays des Cyclopes
),2005



Walker Evans
Subway Portrait, New York, 1938-1941

Collection Sandra Alvarez de Toledo



Patrick Faigenbaum

Avenue Vinohradská, Prague, 1994